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Avatar: le septième art peut encore nous faire rêver (première partie)
Est t-il encore besoin de présenter Avatar? Ce titan américain, porteur d'une nouvelle révolution cinématographique, est parvenu à se hisser au sommet du box office avec une facilité déconcertante. James Cameron est devenu le premier réalisateur à avoir deux de ses films en tête du box office mais cela n'aura pas été volé. Avatar n'est pas simplement le blockbuster le plus ambitieux de ces dernières années, il s'agit également d'un grand film de science fiction, héritier d'un siècle de films ayant dépeint l'espace et le futur de l'humanité. Pour un film exceptionnel, un article exceptionnel revenant en détail sur les nombreuses facettes d'Avatar qui bien au delà de son esthétique visuelle propose une véritable force narrative. Mais avant de plonger plus en détail dans l'histoire de Jake Sully, revenons si vous le permettez quelques mois en arrière là où Avatar était encore inconnu du grand public pour tenter de comprendre l'attente qu'il a suscité.



AVATAR: POURQUOI UNE TELLE ATTENTE?

Zoe Saldana et Sam Worthington. Twentieth Century Fox France



Dans le vaste monde du septième art, certains films savent créer un engouement considérable, une sorte d'euphorie collective qui ne cesse de s'enrichir au fil des mois avant d'atteindre son apogée lors de la sortie de l'œuvre. En ces temps moroses du cinéma américain, les blockbusters américains semblent avoir oubliés le sens du mot créativité: avalanche d'adaptations de bandes dessinées ou de romans cultes, déluge de suites ou de remakes, depuis la sortie du premier Matrix des frères Wachowski en 1999, les blockbusters originaux et dignes d'intérêt se comptent malheureusement sur les doigts de la main. Dans un tel contexte, l'apparition d'une œuvre comme Avatar ne pouvait que susciter l'enthousiasme. Imaginez donc: le plus grand budget de l'histoire du cinéma aux commandes de James Cameron, l'homme derrière Terminator, Aliens ou Abyss et surtout pour le plus grand public de Titanic, trônant toujours au sommet du box office de tous les temps. De surcroit Avatar se présentait comme une œuvre spectaculaire totalement nouvelle, conçue et crée pour du cinéma ne dégageant pas ainsi ce sentiment consternant d'un manque d'originalité.


Alors que l'actualité cinématographique avait été ternie par une absence d'audace depuis des années, Hollywood semblait souvent vouloir répondre au mécontentement des cinéphiles par un projet d'une ambition démesurée: douze années de développement pour ce film, l'œuvre ultime de James Cameron selon les propres mots du réalisateur, un secret absolu autour du projet laissant libre cours aux spéculations les plus insensées. Alors que les cinéphiles se mordaient les doigts d'impatience pendant que le grand public, totalement ignorant de l'existence du film, vaguait tranquillement à ses occupations, le secret fut enfin brisé avec l'apparition du premier teaser. Tandis que certains clamaient déjà haut et fort « James Cameron is the King of the World!», d'autres alarmés s 'écriaient « c'est quoi ce truc? Le Seigneur des Anneaux au pays des Schtroumpfs? ».

Un concept art des Navi's qui avait filtré sur la toile.


Là où l'attention du grand public commença à être attirée, ce fut à l'annonce de l'effet 3D autour du film, annoncé comme l'une des révolutions du cinéma qui allait permettre de rehausser les visites des salles obscures. En effet, le cinéma ne connaît pas vraiment un âge d'or, la crise a également touché le septième art, le téléchargement fait toujours des ravages et les spectateurs n'avaient plus trop envie de se déplacer dans les salles obscures, préférant regarder des films sur les écrans d'ordinateurs ou encore se divertir avec les séries télévisées ou les jeux vidéos, qui de manière objective, démontraient beaucoup plus d'audace et de créativité que le cinéma populaire ces dernières années.


James Cameron pour sa part ne craignait pas le téléchargement, son film ne pouvait être pleinement apprécié que dans les salles de cinéma compte tenu de la technologie utilisée. Voilà les promesses que renferme l'effet 3D: inciter les spectateurs à aller voir les films au cinéma et non chez eux en leur proposant un divertissement incroyable qu'ils ne trouveraient nulle part ailleurs. Avant même sa sortie, plusieurs critiques osaient déjà placer Avatar dans la liste des 20 films ayant changés l'histoire du cinéma (aux côtés de Starwars, Dents ou de la Mer ou autres Bon, la brute et le Truand). C'est d'ailleurs l'effet 3D davantage que le film lui même dont le grand public parle sans cesse depuis la sortie d'Avatar et qui lui permet d'atteindre les sommets du box office, il est donc normal que cet article analyse l'effet 3D en premier lieu plutôt que le film lui même.


L'EFFET 3D: VERITABLE REVOLUTION?


Inutile de faire durer le suspense bien longtemps: oui l'effet 3D d'Avatar est une réussite et renforce indéniablement l'impact du film. Si les précédents essais dans la 3D avaient été plutôt mitigés à l'image de Là Haut de Pixar, l'effet 3D d'Avatar renforce l'immersion du spectateur et contribue à rendre l'univers de Pandora beaucoup plus vivant. L'équipe de James Cameron a eu l'intelligence de ne pas abuser d'effets spectaculaires qui auraient donné un mal de crâne colossal au spectateur, la 3D s'apprécie davantage avec une accumulation de détails, des effets de particules comme la cendre et l'eau, ou les plantes de la jungle de Pandora qui semblent se dresser devant le spectateur. Les réactions enthousiastes des spectateurs dés les premières bandes annonces usant de la 3D démontrent parfaitement l'impact positif de ce système sur le grand public, qui semble ainsi remplir son pari à savoir inciter les spectateurs à aller dans les salles obscures. Beaucoup d'individus non cinéphiles sont d'ailleurs conquis par Avatar en raison de l'effet 3D plus que par le film en lui même, et si Avatar est à l'heure où ses lignes sont écrites arrivé à la deuxième place du box office mondial, c'est certainement en grande partie grâce à l'effet 3D.


Faut t-il pour autant s'exclamer de joie et proclamer une nouvelle renaissance du cinéma? En cela, bien des doutes sont permis. Malgré toutes les promesses qu'elle renforce, la 3D ne peut s'appliquer à l'ensemble de la production cinématographique. La notion même de 3D implique une notion de spectaculaire et de divertissement que tous les films ne revendiquent pas. Est t-il par exemple vraiment intéressant de voir des films de Woody Allen ou de Quentin Tarantino en 3D? Ce phénomène pourrait ainsi entrainer le cinéma encore plus vers une dimension de parc d'attractions plus qu'un art, finalement dans la continuité de la montée en puissance des effets spéciaux et des images de synthèse depuis de nombreuses années, le grand public étant de plus en plus friand de grand spectacle. Si la mode 3D est indéniablement lancée avec l'arrivée prochaine d'Alices au Pays des Merveilles de Tim Burton et de Tintin de l'ami Spielberg, peut t-elle justement dépasser ce simple phénomène de mode et s'inscrire dans le long terme? Pour cela, elle devra certainement évoluer et assez rapidement, sans quoi le grand public pourrait bien se lasser assez vite de ce phénomène (si déjà en premier lieu, cet assombrissement regrettable de l'image pourrait être supprimer, ce serait un bon pas en avant). Il est néanmoins clair que de nombreux blockbusters dans l'avenir gagneront à être vus en 3D mais il est certainement trop tôt pour parler de véritable révolution, l'avenir nous dira ce qu'il en est réellement. Mais assez parler de la 3D et de ses horribles lunettes, place maintenant au véritable cœur de ce dossier: Avatar, l'œuvre la plus ambitieuse de James Cameron.

Le moins qu'on puisse dire sur la 3D c'est que cela donne aux cinéphiles une sacrée allure de geeks.


PANDORA: UNE PLANETE PAS SI LOINTAINE...


« Un monde au delà de votre imagination », tel est le slogan publicitaire récurrent pour Avatar. Toute l'action du film se déroule en effet sur la planète Pandora qui propose un cadre parfaitement idéal pour le héros Jake Sully puisqu'il s'agit d'un lieu propice à l'émerveillement, la rédemption et l'abandon de la modernité. Mais malgré la dimension merveilleuse de la planète, celle ci n'est finalement pas si éloignée que cela de notre bonne vielle Terre. James Cameron et son équipe ont en effet veillé à ce que Pandora fasse irrémédiablement écho à la Terre et ce même d'un point de vue visuel. Cela commence dés les premières images de la planète dans l'espace qui pourrait presque passer comme une sœur jumelle de la Terre. Les animaux présents sur Pandora malgré leur aspect coloré et fantaisiste renvoient finalement pour la plupart à des créatures connues (cheval, panthère, rhinocéros, biche etc etc) et la race dominante sur Pandora, ces fameux Navi's, fait écho de manière évidente à la civilisation indienne. Les Navis représentent d'ailleurs le cœur d'Avatar et constituent très clairement les héros de l'intrigue au détriment même de la race humaine.


James Cameron ne l'a jamais caché, les indiens l'ont inspiré pour la création des Navi's et l'histoire d'Avatar fait écho à la conquête de l'ouest et le triste génocide des Indiens après l'arrivée des colons. Cette sombre page de l'histoire des Etats Unis a déjà inspiré de nombreuses œuvres cinématographiques (Little Big Man, Mission, le Nouveau Monde) dont les éléments les plus populaires restent certainement Danse avec les Loups de Kevin Costner et le Pocahantas de Disney. Comme dans les films cités, les Navi's incarnent une civilisation vouant un culte à la nature et au respect des êtres vivants se heurtant à une civilisation matérielle et impitoyable usant de sa supériorité technologique pour s'imposer. L'univers de science fiction d'Avatar permet à James Cameron de pousser le concept de l'harmonie avec la nature à son paroxysme: les Navi's peuvent tous grâce à des tissus dissimulés dans leur chevelure se connecter mentalement avec tous les êtres vivants de la planète y compris Pandora elle même. Ce monde est en effet régi par un système de connexion entre chaque organisme vivant comme si la planète constituait un être vivant géant réagissant à chaque impact sur la planète.

  

A gauche, le mythe de Pocahontas exploité par Walt Disney. A droite la même histoire racontée par Terrence Mallik.

Jake Sully et Neytiri dans Avatar.

Ce cadre d'action constitue ainsi une parfaite opportunité pour livrer un spectacle écologique extrêmement pur où le combat entre la nature et la machine prend une incroyable dimension. Survivant du monde moderne, Jake Sully découvrira tout au long du film la culture Navi's, rejetant au fur et à mesure de l'intrigue le monde matériel dans lequel il est né pour finalement embrasser pleinement le monde de Pandora. Si les détracteurs du film reprocheront à Avatar une certaine simplicité en le comparant souvent à un Pocahantas en live, force est de constater que l'univers du film est incroyablement cohérent et a subi un travail de conception hallucinant.

La direction artistique du film s'est donnée à cœur joie dans la création de Pandora grâce notamment à des génies comme Richard Taylor, créateur de Wetashop la société derrière les effets visuels du Seigneur des Anneaux et de King Kong, mais pour autant le film a le mérite de ne pas verser dans le spectaculaire à outrance, la seule grande scène d'action ayant lieu à la fin du film, Cameron ayant clairement privilégié le récit et les personnages. A l'heure où le réchauffement climatique fait plus que jamais parti de la conscience populaire, voir le plus grand budget de l'histoire du cinéma proposer un message totalement écologique et contre l'impérialisme américain est en tout cas une indéniable qualité d'Avatar qui n'est peut être pas assez soulignée et qui confirme l'originalité de ce blockbuster dans cette décennie où les films à grand spectacle ne brillaient guère par leur originalité. Néanmoins, en ce qui concerne la race humaine dans Avatar, les critiques sont souvent plus virulentes et dans un sens plus justifiables.

 
Avatar - ma note pour ce film :
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, ...
Année de production : 2009
Avatar: le septième art peut encore nous faire rêver (deuxième partie)
LA REPRESENTATION DE L'HUMANITE DANS AVATAR: ENTRE PESSIMISME ET CARICATURE


C'est LE grand reproche adressé quotidiennement à Avatar: la caricature de certains personnages et plus particulièrement des humains, clairement désignés comme les méchants du film, des individus avides de richesse et n'ayant que faire des théories écologiques ou du respect des autres races de l'univers menés par le colonel Miles Quaritch, sorte de descendant spirituel de Rambo. Si ces réactions peuvent se justifier, il convient néanmoins de nuancer ses propos.


Le premier élément qui est assez surprenant à ce sujet est que durant les longues années du développement d'Avatar, James Cameron avait plusieurs fois insisté sur l'état chaotique de la Terre dans l'univers du film. En effet, les heures de gloire de notre belle planète bleue sont derrière elle, la pollution et le réchauffement climatique ayant peu à peu détruit notre monde. Pour résoudre la crise énergétique sur Terre, l'humanité est alors contrainte de rechercher des ressources nouvelles dans l'espace d'où la présence des humains sur Pandora! Ainsi l'humanité n'est plus simplement un pilleur de mondes impitoyable mais lutte également pour sa propre survie. Si ces éléments font parti du background officiel du film, ils n'ont que très peu de place dans l'œuvre finale. L'action du film se déroulant quasi intégralement sur Pandora, seules quelques répliques de Jake Sully informent le spectateur sur l'état de la Terre:


-lorsqu'il s'adresse à l'arbre sacré des Navi's: « tu verras le lieu d'où nous venons, un monde sans nature, ils ont tués leur mère et feront la même chose içi »


-Au dénouement du film: « ils retournèrent dans leur monde à l'agonie ».



Ce manque d'information sur la condition de la Terre semble être due au fait que James Cameron a volontairement diminué la durée de son film craignant que l'effet 3D devienne rébarbatif au delà de trois heures de film. L'introduction d'Avatar aurait ainsi dû s'attarder plus longuement sur l'agonie de la Terre et le triste état de l'humanité, plusieurs plans montrés dans les bandes annonces et absents de l'œuvre finale semblent aller dans ce sens. Ainsi, l'introduction d'Avatar souffre d'une narration un peu confuse, s'attardant principalement à présenter le héros mais amenant trop rapidement le spectateur sur Pandora en lui lançant à la va vite des informations sur Jake Sully, son frère jumeau et Pandora. Ces scènes supprimées devraient être présentes dans une édition DVD du film (Qui parie sur une version longue?) et pourraient ainsi nuancer la représentation de la race humaine dans Avatar.

Twentieth Century Fox France

Dans Avatar, les machines sont également devenues le quotidien de l'homme.


Néanmoins, cette version longue ne doit pas servir d'excuse au film car au bout du compte, le fait de ne pas voir la Terre dans Avatar est presque plus une qualité qu'un défaut, en effet cela permet au spectateur de se focaliser pleinement sur Pandora et de lui laisser le soin de comprendre l'état de la Terre sans avoir droit à une simple représentation visuelle. De surcroit, si le spectateur se place du point de vue qu'Avatar est une représentation futuriste de la conquête de l'ouest, l'humanité n'a besoin d'aucun motif, d'aucune justification pour aller piller Pandora. L'humanité n'était pas au bord du gouffre lorsque l'Amérique fut découverte et c'est l'appât du gain et les promesses du nouveau monde qui ont motivé l'arrivée des colons et les conflits avec le peuple Indien qui ont suivis. De ce fait, est t-il vraiment si caricatural de représenter une humanité, incapable de comprendre les erreurs du passé, et qui répète ce même schéma de conquête dans le futur mais cette fois à l'échelle de l'univers? L'une des forces du récit d'Avatar tient justement dans le fait que cette histoire vit avec son temps et présente une vision sans concession de l'humanité, finalement amenée à être représentée comme une espèce idiote et futile en comparaison avec la race des Navi's.


C'est un fait qui est trop peu souligné mais qui a son importance: Avatar présente une race humaine condamnée à l'abandon et auquel il vaut mieux renoncer. Alors certes, c'est loin d'être la première fois qu'une représentation pessimiste de l'humanité a lieu, encore moins dans un film de science fiction mais ce dont nous parlons ici est le plus grand budget de l'histoire du cinéma et à une époque où Roland Emmerich peut encore dépenser 200 millions pour un 2012 stéréotypé jusqu'à la moelle, voir un titan comme Avatar montrer une humanité sans espoir de salut est une qualité non négligeable. Au bout du compte, ce qui apparaît comme une caricature dans Avatar est davantage une volonté de Cameron de mettre l'accent sur la faiblesse de l'humanité, contre le mode de vie occidental. Les personnages peuvent paraître caricaturaux car ils ont chacun des rôles définis qui traduisent des courants de pensée, les protagonistes étant incapables de se comprendre et de s'écouter au contraire des Navi's. Ils resteront campés sur les positions car c'est au héros que la possibilité du choix appartiendra et sur lequel repose finalement tout le film.



JAKE SULLY: UN HEROS ENTRE REVE ET REALITE

Un avatar est la représentation informatique d'un internaute, que ce soit sous forme 2D, (sur les forums et dans les logiciels de messagerie) ou sous forme 3D (dans les jeux vidéo, par exemple). Le mot avatar est issu de la tradition hindoue où il désigne l'incarnation d'une divinité sur terre.


Ancien militaire devenu handicapé durant la guerre, plutôt rustre, cynique et primaire, Jake Sully ne présente pas vraiment le profil idéal du jeune héros de blockbuster. C'est d'ailleurs l'une des particularités appréciables d'Avatar, celle de ne pas s'adresser en priorité à un jeune public malgré son univers fantaisiste (comme aucun film de Cameron d'ailleurs) , car le processus d'identification au héros est clairement destiné à un public plus mature. C'est la mort de son frère jumeau (dont on saura très peu de choses dans le film) qui amène donc Jake sur Pandora et lui permet de prendre possession de l'Avatar originalement destiné à son frère. Il en résulte alors une séquence absolument extraordinaire où Jake vit une renaissance en retrouvant l'usage de ses jambes. Dés lors, la scène a donnée le ton du film: au delà de Pandora et de ses créatures, au delà des Navi's et des humains, Avatar est avant tout l'histoire de Jake Sully et le concept de l'Avatar en est la clé.

L'Avatar permet à un individu de transférer son esprit dans le corps d'un autre être, ce concept et les problématiques qui en découlent semblent davantage puiser leurs inspirations dans la science fiction Japonaise que dans la culture américaine, n'oublions pas que nous avons affaire ici au réalisateur de Terminator, qui a défendu Ghost in the Shell comme chef d'œuvre de la science fiction et qui livre ici une problématique très cyber punk assez éloignée des thèmes écologiques abordés en parallèle. Mais ce concept de l'Avatar est justement une exploitation ingénieuse de la science fiction pour enrichir le message écologique du film, au fur et à mesure du récit, Jake Sully se liera ainsi de plus en plus d'affection avec la communauté Navi et son corps d'Avatar pour rejeter son peuple et son propre corps.

L'attachement à l'Avatar est ainsi une parfaite manière métaphorique de symboliser le ralliement avec les croyances des Navi's. Si au départ Jake condamné à rester dans un fauteuil roulant est attiré par l'Avatar grâce aux prouesses physiques des Navi's qui mesurent plus de trois mètres de haut, son voyage initiatique au sein de Pandora l'amènera à découvrir de plus en plus la culture Navi's jusqu'à négliger son propre corps.

 

"Tout s'est inversé. Comme si le réel était dehors, et le rêve içi."

Jake Sully jongle entre deux vies, entre le rêve et la réalité. La dimension métaphorique du rêve déjà largement exploitée dans Matrix est ici pleinement assumée puisque c'est dans le sommeil que Jake se réveille à nouveau en tant qu'humain comme si son périple de Navi n'avait été qu'un étrange rêve. Le personnage finit par être déchiré entre ses deux vies, son affection grandissante pour les Navi's n'a d'égal que sa déception croissante chaque fois qu'il se réveille en tant qu'humain, négligeant son apparence physique et ne souhaitant que retourner dans l'Avatar. Ce concept trouve d'autant plus d'écho auprès du public vu qu'il se rapporte à un grand phénomène de société à savoir la prolifération d'Internet et la création d'identités virtuelles. L'idée d'Avatar est ici d'autant plus intéressante qu'elle ne propose pas de partir dans un monde virtuel mais de rester dans la réalité dans un autre corps à la manière du récent Clones avec Bruce Willis tout en explorant un nouveau monde, combinant ainsi tous les rêves liés au changement d'identité.


Les évènements de l'intrigue obligeront finalement Jake à trancher entre ses deux vies, il est le personnage sur lequel repose le choix du film entre rester dans son univers ou tout abandonner pour défendre pleinement ce monde imaginaire. Le plus grand moment dramatique du film survient ainsi lorsque parallèlement à la destruction de l'Arbre Maison, Jake Sully finit par être rejeté à la fois par les Navi's et les humains, pour sa trahison dans les deux camps, payant ainsi les fruits de son indécision.


Sa rédemption ne pouvait donc avoir lieu qu'en choisissant pleinement un camp, décidant de soutenir complètement la cause des Navi's, il les mènera même à la guerre contre son propre peuple, marquant ainsi sa rupture par la force avec ses origines. L'élément le plus important à noter est qu'à chaque instant, le spectateur comprend la position de Jake ainsi que sa décision finale de trahir son peuple, ainsi non seulement l'humanité est présentée de manière pessimiste dans Avatar mais le spectateur prend complètement parti pour la défaite des humains, presque sans s'en rendre compte. Durant la bataille finale, ce sera donc logiquement Jake qui portera le premier coup contre l'armée humaine. Cameron poussera même la métaphore à son paroxysme en transformant la navette spatiale dans laquelle Jake est arrivé sur Pandora en arme de destruction contre l'arbre sacré des Navi's, un obstacle que Jake lui même détruira (avec des armes humaines) tranchant ainsi pour de bon ses liens avec son ancien monde. Le combat final qui l'oppose contre Miles Quaritch aux commandes d'un mécha, façon David Contre Goliath, est surtout l'occasion de marquer la rupture des deux mondes en confrontant enfin Neytiri et Jake dans son corps d'humain, reliant ainsi le rêve et le réel et d'un point de vue technique l'humain et les images de synthèse. La fameuse réplique des Navi's « Je te vois » y trouve ici tout son sens car comme cela était expliqué auparavant, cela signifie « Je vois en toi, je vois ton véritable être ».

Le début de la renaissance.


Après le départ de la race humaine de Pandora, la renaissance de Jake Sully doit ainsi s'achever par son abandon total de son corps humain. Son dernier message dans le journal de bord est d'ailleurs inutile étant donné que plus personne n'est là pour l'étudier, le héros s'adresse avant tout au spectateur et lui fait ses adieux, la dernière réplique du film étant « c'étaient les derniers mots de Jake Sully ». Le rituel des Navi's a lieu, Neytiri embrasse les yeux fermés du corps humain de Jake et le plan final d'Avatar se focalise sur les yeux de Jake s'ouvrant vers sa nouvelle existence de Navi's. Durant tout le film, rien n'aura été laissé au hasard dans l'évolution de Jake Sully, pas même le titre final écrit en vert pour contraster avec celui de l'introduction. Il peut paraître surprenant que Cameron encourage ainsi une totale adhésion au monde imaginaire par le biais de l'Avatar mais à la manière des frères Wachowski dans Matrix, le réalisateur a conscience de l'attrait indéniable du monde des rêves et considère que l'individu ne peut plus vivre sans une fois qu'il s'y est plongé.


Au final, Jake Sully est bien le guide idéal pour explorer Pandora, il transporte facilement le spectateur dans la vision de James Cameron et enrichit considérablement le récit par ses thématiques identitaires. Il ne s'agit certainement pas d'un super héros ou d'un grand héros américain mais bien d'un grand personnage de science fiction. De plus, il convient de ne pas oublier qu'Avatar fait parti du cinéma post moderne, un cinéma qui aime parler de lui même dans ses oeuvres. Jack Sully, cloué dans un fauteuil roulant, peut être symboliser le spectateur de cinéma ordinaire assis dans le fauteuil des salles obscures. Le passage à l'Avatar de Jake Sully symbolise ainsi le passage du cinéma à la 3D en emportant le spectateur dans l'action du film. Le passage total de Jake Sully à son corps d'Avatar démontre t-il que James Cameron considère que le cinéma doit intégralement basculer dans la 3D?



CONCLUSION



Des rebondissements simples pour une narration ultra efficace, des thématiques aussi profondes qu'universelles, dés la première vision du film, Avatar impose son univers et son histoire dans l'esprit du spectateur. Inutile de nier que l'impact visuel du film joue en sa faveur car il provoque un accueil plus que positif mais derrière ces images de synthèse et ses effets 3D, il y a bel et bien un véritable univers d'une incroyable richesse et d'une grande pureté. James Cameron a construit une grande fable écologique, une belle réflexion sur le pouvoir attrayant de l'imaginaire en même temps qu'un triste constat sur la condition humaine. A ceux qui jugent simplement Avatar sur sa beauté visuelle, que la simplicité apparente de l'histoire ne vous dissimule pas les thèmes profonds qui y sont abordés ainsi que l'exceptionnelle cohérence et efficacité du récit. Bien d'autres éléments auraient pu être traités dans cet article, notamment la grande importance donnée aux personnages féminins, comme souvent dans les œuvres de Cameron, mais l'essentiel a été dit: James Cameron a signé le meilleur blockbuster de ces dix dernières années et a offert au cinéma populaire américain la preuve que l'audace et la créativité peuvent porter les fruits. Que l'avenir dise ou non si Avatar aura vraiment été une révolution a finalement peu d'importance, l'histoire était grande, le voyage fut beau et le septième art nous a prouvé qu'il pouvait encore nous faire rêver.

 
Avatar - ma note pour ce film :
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, ...
Année de production : 2009
Seven: le mal dans la peau.
 

Brad Pitt. Collection Christophe L.

Seven est l'histoire du point de départ le plus banal d'une intrigue policière modelé avec ingéniosité de façon à surpasser les codes du polar. Deux inspecteurs de police que tout oppose vont devoir se lier contre un tueur psychopathe. Le premier inspecteur, David Mills, est blanc, jeune, plein d'espoir en l'avenir et vient d'emménager dans une grande ville où règne le bruit et l'absence de communication entre les individus. Le second, William Somersert, est noir, vieux, cynique sur ses expériences passées et ne souhaite que quitter ce monde matériel et déshumanisé. L'apparition d'un tueur aux crimes atroces basés sur les sept pêchés capitaux conduisent les deux hommes à coopérer mais plus que leur union dans la traque du tueur, c'est avant tout leurs points de vues respectifs sur le monde qui seront confrontés. David est persuadé du bien profond de l'humanité, les tueurs ne sont que des erreurs de la nature qu'il convient de placer en dehors des êtres normaux. Pour William, l'humanité est devenue corrompue et chacun individu porte en lui cette part de monstruosité dont les tueurs sont les preuves. Seven, plutôt que de se focaliser sur une accumulation de crimes sanglants ou d'action effrénée, porte davantage son attention sur une réflexion sociale de la civilisation moderne, les horreurs perpétuées dans le film étant l'occasion de mettre en relief les maux internes d'une société qui se focalise tellement sur les apparences qu'elle en rejette l'humain.


L'apparition du tueur donne clairement l'opinion du réalisateur David Fincher sur le débat du film. Kevin Spacey trouve un équilibre parfait entre l'aspect menaçant de son personnage et les interrogations qu'il suscite. Le tueur se défendra de ces actes en ayant voulu purger la société des vices qu'elle contenait, et plutôt que de reconnaître ses fautes, l'homme déplore que le crime se soit tellement répandu dans la société qu'il en soit devenu toléré, ce à quoi William répondra par un silence songeur. Le tueur s'adresse aux deux inspecteurs, mais avant tout au spectateur lui même, en proclamant que ses actes permettront de révéler les failles du monde moderne. Le scénario poussera le pessimisme jusqu'au bout en donnant raison à la logique du tueur, David Fincher étant parvenu à conserver une atmosphère extrêmement sombre et oppressante tout le long du film, son ingénieuse mise en scène appuyée par une photographie magnifique et une interprétation toujours juste et efficace. Seven est également le film de la pluie, le temps orageux est omniprésent durant tout le film, seul le dénouement du film sera inondé de lumière lorsque la vérité éclatera. D'une conception admirable dans tous ses aspects, Seven transcende le film de polar pour devenir une oppressante vision de l'espèce humaine, le genre de chefs d'œuvres qui vous tétanisent sur votre fauteuil et vous donnent l'impression d'avoir ouvert une nouvelle porte du monde.

 
Seven - ma note pour ce film :
Réalisé par David Fincher
Avec Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, ...
Année de production : 1995
Tetro: à la recherche de la lumière.

Vincent Gallo et Alden Ehrenreich. Memento Films Distribution

L'ombre et la lumière

Une lampe projette sur la caméra une lumière aveuglante. Un papillon de nuit tourne autour de l'éclat lumineux, manquant de se bruler les ailes. Un homme au regard ténébreux contemple ce spectacle de toute son attention. En ces quelques plans, la scène d'introduction de Tetro a d'ores et déjà instauré le principal thème de l'intrigue: la quête de la lumière et de la gloire dans un monde obscur. Si Alfred Hitchcock avait autrefois choisi l'usage du noir et blanc pour mettre en relief les faces obscures de Norman Bates, Francis Ford Coppola choisit de tourner son film en blanc et noir pour se focaliser sur la fascination des personnages pour la lumière, que celle ci provienne des lampes, des glaciers ou des flash des appareils photos. La lumière focalise l'attention des personnages qui errent entre deux routes (parfois au sens propre) pour l'atteindre, elle catalyse toutes les craintes et espoirs des protagonistes (et certainement de Coppola lui même): l'espoir de la gloire, de la reconnaissance mais aussi du rejet, de la peur d'être dévoilé au grand jour, un rayonnement moins bénéfique que destructeur. Cette peur de la lumière, Francis Ford Coppola la connait assurément. Ayant tourné à contrecœur le Parrain, le jeune cinéaste s'était retrouvé sous les feux des projecteurs bien vite. Au bord de la faillite et de la folie mégalomane suite au tournage chaotique d'Apocalypse Now, il subira de nombreux échecs commerciaux par la suite. Décrit par beaucoup comme le Napoléon du Cinéma compte tenu de son orgueil exacerbé, le cinéaste se sera fait beaucoup plus rare ces dernières années, préférant demeurer loin des lumières de la scène. Après avoir abandonné l'élaboration du projet Megalopolis, c'est avec Tetro que Coppola fait ainsi une nouvelle apparition.

Tetro est l'un des rares films dont Coppola aura lui même écrit le scénario et sa dimension autobiographique est indéniable. Outre plusieurs dialogues et personnages renvoyant directement à la jeunesse du cinéaste, les deux personnages principaux du film incarnent les multiples tensions de Coppola vis à vis de son parcours de cinéaste. Le premier, Angelo Tetrocini est un écrivain de talent qui gâche ses capacités par la crainte d'être sous les feux de la rampe et de marcher dans les pas de son père. Pour fuir son passé lumineux, il se renommera Tetro « signifiant sombre en italien » et qui donnera son titre au film. Le second protagoniste est le jeune frère de Tetro, Benjamin « Bennie » Tetrocini, jeune homme désireux avant tout de retrouver son frère aîné qui lui sert de modèle. Bennie sortira au fur et à mesure les secrets enfuis de Tetro, s'approchant de plus en plus de la lumière et y puisant plus de malheur que de joie. La majeure partie de leur histoire se déroulera donc en noir et blanc, lorsque les personnages fuient la lumière et la réalité. La couleur n'est pourtant pas absente de Tetro et demeure principalement utilisée dans les souvenirs des personnages (au contraire du traditionnel noir et blanc) lorsque la lumière du père rejaillit sur ses fils. Des scènes d'opéra audacieuses et colorées font également leur apparition pour montrer au grand jour les émotions véritables des protagonistes. Si la famille tient une place fondamentale dans Tetro, il n'est pas ici question de règlements de comptes obscurs telle la famille Corleone du Parrain. Coppola semble pourtant s'amuser à faire courir l'imagination du spectateur dans les histoires les plus improbables comme lorsque Bennie découvre le révolver caché de Tetro ou la colère folle de celui ci lorsque sa vie privée est dévoilée.

Francis Ford Coppola, Alden Ehrenreich et Vincent Gallo. Memento Films Distribution

Francis Ford Coppola et ses acteurs.


Les rebondissements de l'intrigue ne viendront pas de meurtres sordides mais de l'absence de communication entre les personnages qui les conduisent paradoxalement à reproduire le schéma identique qu'ils voulaient pourtant éviter. Sans que le spectateur s'en rende forcément compte, le film opère une montée en crescendo vers l'éclaircissement du mystère, pour finalement aboutir à un paroxysme d'intensité où les protagonistes semblent réduits à jouer un rôle qu'ils n'avaient pas voulu incarner. La mise en abime ne s'arrête pas là puisque c'est sa propre histoire familiale que Tetro dévoilera au grand jour contre son gré, tout comme Coppola qui transpose ses propres tourments sous l'œil de la caméra. C'est finalement Tetro lui même qui brisera ce cercle vicieux, épargnant au film le dénouement tragique auquel il semblait voué, en choisissant d'écarter définitivement la lumineuse gloire pour mettre fin à cette perte d'identité et cette folie. « Ne regarde pas la lumière » dit Tetro à Bennie dans l'une des dernières répliques du film. Faut t-il y voir une ultime déclaration de Francis Ford Coppola décidant de s'écarter du monde de cinéma et de ses lumières aveuglantes avant que le média ne le détruise à néant?

Les similitudes sont à peines masquées: le Napoléon du cinéma s'est fait bien absent de cette industrie dans laquelle il avait atteint les portes de la démence, sa propre fille est également devenue réalisatrice et ses films sont produits par son illustre père. Cette dimension autobiographique pourrait provoquer un certain rejet du public face à l'aspect auto-contemplatif de ce film néanmoins le message d'humilité du dénouement vient atténuer ce propos. Le scénario, malgré son profondeur, ne possède malheureusement pas que des aspects intéressants comme cette inutile focalisation sur la perte de virginité de Bennie, prétexte à quelques scènes pseudo érotiques pour attirer le public

Malgré sa dimension égocentrique (inévitable avec ce réalisateur) et ses imperfections narratives, Tetro n'en demeure pas moins un bilan intéressant et lucide d'une riche carrière hollywoodienne. Le passé est une lanterne qui éclaire derrière soit, à ce que l'on dit. Si Coppola ne se sera peut être pas écarté à temps de la lumière, il donne le droit à ses personnages de le faire. Grâce au pouvoir de la caméra, le cinéaste propose une vision humaine et humble des difficultés d'exercer ses talents artistiques dans une société qui se focalise sur les apparences.

 
Tetro - ma note pour ce film :
Réalisé par Francis Ford Coppola
Avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu, ...
Année de production : 2009
Le Livre d'Eli: une messe ratée

Denzel Washington. Metropolitan FilmExport

I am a poor lonesome cowboy

Pour débuter dans l'originalité et la subtilité cette année 2010, voici la présentation du Livre d'Eli, film retraçant le voyage spirituel du possesseur du dernier exemplaire de la Bible dans un monde ô surprise apocalyptique et dévasté où l'homme peut ainsi exprimer ses impulsions primaires. Certes, voir un Denzel Washington monstrueux de charisme marcher en ralenti dans des contrées arides et désertes constitue toujours un agréable moment, mais l'avalanche de films exploitant une humanité brisée au bord de l'anéantisement est devenue une chose si courante que toutes les oeuvres à ce sujet finissent par se ressembler. Le contexte du film n'est guère l'occassion de pencher vers le réalisme désespéré de la Route mais plutôt de fournir un bon prétexte à des scènes d'action, assez réussies il faut l'admettre notamment dans leur choix de montrer les affrontements en séquences ininterrompues au lieu de l'habituel montage dynamique-épileptique de ces dernières années.

Même si le spectateur s'attend presque à une rencontre entre Eli et le John Connor de Terminator Renaissance, le moine guerrier ne combat pas içi Skynet mais ses propres semblables menés par un tyran local qui donne l'occassion à Gary Oldman de retrouver avec plaisir un rôle de pourriture qu'il avait quelque peu délaissé. Tout cela semble à priori bien plaisant mais dés que le film tente de dépeindre autre chose que de l'action, le récit est proche du néant absolu. L'intrigue tente d'apporter une touche d'humanité et d'émotion à travers le personnage féminin principal qui constitue un monumental désastre à tous les niveaux, ne cessant d'allourdir le film à chacune de ses apparitions. Et comme cela était malheureusement prévisible, le Livre d'Eli n'échappe pas à une métaphore biblique de plus en plus mise en avant tout le long du film. Le récit s'achève avec une leçon religieuse aussi ridicule que banale et qui ne cesse de s'étirer sur un dénouement trop long où le réalisateur semble vouloir à tout prix transmettre la foi au public. Si les premières minutes du film laissent espérer un sympathique film d'action sans grande prétention, la dimension religieuse trop accentuée du récit confère au Livre d'Eli une lourdeur absurde dont le spectateur se serait bien passé. Le réalisateur aurait dû se rappeller que le cinéma n'est pas une église.

 
Le Livre d'Eli - ma note pour ce film :
Réalisé par Albert Hughes, Allen Hughes
Avec Denzel Washington, Mila Kunis, Gary Oldman, ...
Année de production : 2009
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